Fête de la musique 2017, découvrez le CDXX

C’est dans une cave du centre ville de Toulouse que nous avons rencontré les membres du label CDXX. Ils s’appellent Arthur, Grin, Werner, Billy Bats, Jesx2, Timuxx ou Tihl. Ils ont entre 23 et 35 ans. À la fois différents, à la fois semblables et complémentaires, ils composent une fratrie qui nous a accueillies au sein de leur lieu sacré…


Alors, comment on dit ? CDXX ou 420 ?
Billy Bats -
On dit CDXX. Le nom rapporte effectivement au chiffre romain 420. C’est en rapport avec les origines de la culture américaine du cannabis.
La naissance du label émane de l’envie commune d’une poignée de personnes d’avancer dans la musique, sans contraintes, sans patron ni fouet, afin d’exprimer notre amour pour cet art et les gens avec qui on travaille. On veut être libres de tous nos mouvements.
On a des chemins et des parcours qui ont fait qu’on s’est souvent croisés les uns les autres. On s’est retrouvés au moment où il fallait que quelque chose se passe entre nous, parce qu’on sent depuis le début qu’il y a une énergie. C’était important de rendre tout ceci professionnel pour que ça reste notre vie.


On se retrouve à deux filles entourées uniquement de garçons ce soir. Quel est votre rapport à la femme ?
Billy Bats -
On est tous issus d’une femme. Les Barbus ici présents sont des gens qui s’adressent particulièrement à la gent féminine. Pour ma part, je m’adresse surtout à ma femme et à ma fille. Donc on peut dire que dans notre crew il y a énormément de filles, nos femmes, nos mères, nos soeurs… Elles ont une importance prépondérante dans tout ce que l’on fait. Ce sont nos muses. Si on se met nous en avant, c’est pour prendre les coups et préserver la beauté qu’est la femme.

Donc elles sont présentes dans vos esprits, dans vos vies… Mais au niveau professionnel ?
Billy Bats -
Il n’y en a pas dans l’équipe productive. On est absolument pas contre, au contraire. Il faut juste faire attention avec qui on choisi de travailler.
Barbugang - Moi j’ai une femme auprès de moi, qui bosse nos logos, donne son avis sur les chansons… son but c’est pas d’être sur le devant de la scène, c’est tout. Mais par exemple, on a une jeune fille qui a repris un de nos morceaux à la guitare, et nous avons en projet de bosser avec elle à un moment donné.
On est ouverts à toutes propositions (avec les numéros de téléphone bien sûr ;) )

 

L'équipe CDXX au complet

L'équipe CDXX au complet

Comment avez-vous créé le label ?
Arthur -
On a fait le choix de monter non seulement un label mais aussi une entreprise. Ici c’est une SARL en fait. Nous avons vraiment une optique professionnelle de travail. Le label on l’a monté parce qu’on avait besoin d’une structure qui nous corresponde, qui nous reflète bien. Ici c’est plus une entreprise familiale, il y a une âme derrière une entité propre et dure.
C’est un objectif de vie professionnelle comme personnelle. On se dit les choses quand il faut se les dire, et ça fonctionne très bien.

Vous avez monté cette entreprise depuis combien de temps ?
Arthur -
Il y a eu deux ans le 20 avril.

Avez vous reçu des subventions ?
Arthur -
Nous n’en avons pas demandé. Nous sommes nos propres investisseurs. On n’a pas forcément besoin d’aides extérieures ni de subvention, on n’en veut pas et on n’a pas fait les démarches. Nous ne voulons rien devoir a personne. Petit à petit, en grandissant, on arrive à se  développer et à faire ce que l’on veut.

Vous arrivez à en vivre ?
Arthur -
On ne vit pas vraiment de la musique. Mais on vit entre nous, comme on peut, on se débrouille et on s‘entraide les uns les autres. On est une famille avant tout. Mais là où on est le plus riches c’est en amour. On est milliardaires à ce niveau là. C’est pas tous les jours facile mais avec l’amour des frères on peut sourire tous les jours et c’est l’essentiel. On veut vivre de notre musique, mais déjà on la vit et c’est très bien.

Je me suis aperçu que le Rap était très thérapeutique, que ça me permettait de sortir des émotions et de capturer des moments de vie.

Billy Bats

Qui est le premier à rejoindre le label ?
Arthur -
C’est Billy Bats.

Alors parle nous de toi.
Billy Bats -
J’ai commencé le Rap très tôt, vers 8/9 ans. J’y ai été entraîné par mon grand frère avec qui j’ai toujours baigné dans cette culture. Je l’ai toujours vu faire des concerts etc. Ça fait un peu partie de mon ADN et c’est vite devenu nécessaire à mon quotidien.
À l’époque, j’étais très refermé sur moi-même. Je me suis aperçu que le Rap était très thérapeutique, que ça me permettait de sortir des émotions et de capturer des moments de vie, des choses qui passent et qu’on ne revoit pas. Depuis, c’est devenu ma ligne de conduite : vivre de ce que je ressens au travers de la musique.

Billy BatsJ’avais déjà un projet en tête. Aussi, je suis allé jusqu’en BTS puis master gestion d’entreprise, je voulais m’armer au mieux. Après l’école j’ai hésité entre trouver un travail ou concrétiser un projet professionnel autour de ce que j’avais fait toute ma vie.
Mon père aurait préféré que je sois comptable, mais j’ai décidé d’être rappeur. Mais je lui ai donné les garanties que je pourrais faire autre chose si je voulais ou si cela s’avérait nécessaire. Du coup, il m’a donné son feu vert, et je l’en remercie d’ailleurs.
Aujourd’hui j’ai fait des choses plus ou moins importantes, pas mal de concerts en France, j’ai aussi beaucoup suivi mon frère. J’ai acquis une bonne connaissance du métier et du revers de la médaille, et du milieu.

J’ai décidé de lancer en 2005 mon premier projet physique : Blackout. J’étais avec un pote à moi qui était en prod. Mon nom à commencé à circuler un peu, j’ai continué, sans vraiment de structure. À cette période j’ai tenté d’approcher des maisons de disque, mais le discours que je recevais ne me correspondait pas. On me disait que ma musique était « trop pointue pour la masse (NDLR, comprendre : pour la majeure partie des gens) » donc c’était pas intéressant pour eux.
J’ai pas lâché l’affaire, j’ai continué à rencontrer des gens grâce à la musique, j’ai réussi à rencontrer des frères, des soldats grâce à ma musique. À construire en fait la famille nécessaire à un rappeur pour qu’il puisse vivre de son art, car c’est une chose qui se fait en équipe. Une personne solo ne peut pas gérer tous les tenants et les aboutissants d’un business qui aujourd’hui est majeur en France et dans le monde.

Petit à petit les connexions se sont faites jusqu’à aujourd’hui avec la création du CDXX qui commence à avoir un nom connu.
On en est donc à la création du label. On découvre les lieux, on s’acclimate un peu, et on décide de faire une première mixtape qui s’appelle Purp Cobain. On décide d’annoncer au monde qu’on existe et qu’on est éternels.
Donc c’est un premier projet qui est très spirituel, dans le sens où j’ai voulu rendre réel l’esprit qu’on veut donner au CDXX par le biais de chansons et d’émotions. Surtout l’envie d’élévation de nos esprits, nous sortir de cette prison médiatique, des réseaux sociaux, de l’euro contre le dollar, de la BCE contre la BCA, etc.
Cette mixtape née, on a fait quelques concerts pour la promouvoir. Elle a permis de semer des graines dans tous nos cerveaux.

Pour le volume 2, on voulait que ces graines deviennent champs. Et c’était aussi la motivation nécessaire aux troupes pour qu’on se rende compte que nos vies c’est ça en fait. Être dans la musique, c’est pas que ça nous enferme mais on est un peu à côté du monde. Mais malgré les difficultés, nos fins des journée sont positives, peu importe l’heure et quoi qu’il se soit passé au cours de celle ci.

Entre le volume 2 et le 3, il y a eu la naissance de Barbugang. Nous tous on est des enfants d’ailleurs mais aussi d’ici : c’est le volume le plus personnel dans le sens où tout est venu de nous. Je voulais dire à mes frères : peu importe où on va, le soleil va briller pour nous.

Voilà comment j’ai vécu les choses et comment j’ai voulu les faire vivre.
Aujourd’hui j’ai un nouveau projet intitulé Chef, qui est sorti le 26 mai. Maintenant je m’adresse au monde pour que la pensée globale devienne une pensée positive.

Fête de la musique 2017, découvrez le CDXX

Donc tu es le leader si j’ai bien compris ?
Billy Bats -
Je suis celui qui s’est brûlé le plus de plumes. Du coup je peux me permettre de faire en sorte de leur éviter quelques pièges pour que leur vol soit cool, sans trop de turbulences, que ça se passe bien.

Barbugang -  Bats, on le respecte tous. On l’admire. Il a un fond, une forme incroyable. Même au delà de la musique, quand on parle avec lui il arrive à nous canaliser.

Dans ta musique on ressent des accents américains…
Billy Bats -
Carrément, moi je suis un pur produit du Rap américain. Je me suis inspiré en étant jeune de l’image du rappeur super-héros. C’est venu plus tard avec les rappeurs français mais j’étais déjà plus âgé, donc je comprenais un peu plus les choses. Mais j’ai beaucoup de respect pour eux, Lord of the Underground, Busta Rhymes etc. C’est pour moi la meilleure culture du monde dans le sens où elle rassemble au lieu de segmentariser.

 

Découvrez Serengeti, clip extrait de Chef de Billy Bats

Barbugang, à vous. Qui êtes vous ?
Alors nous on est 3 et on est super différents.
Moi (Jesx2) je viens d’un rap super engagé. Timuxx son groupe de base c’est le Booty Love Gang et Tihl, lui, c’est un ariégeois !

Avec Timuxx on se connait depuis super jeunes. Un soir, il nous a dit venez chez moi, on va faire un morceau. On va l’appeler Barbugang, parce qu’on est tous les trois barbus et demeurés… ben c’est parti de là. On a pas gardé le morceau mais on a créé le groupe. De là on a fait 5 morceaux, puis 10, puis…

À l’époque on faisait pas partie du CDXX, mais on se connaissait déjà tous. Ils ont eu une idée très bête, celle de nous signer.
C’est devenu une histoire d’amour, d’amitié.

Mais votre musique passe un message ?
Barbugang -
Oui bien sûr. On se sert de nos conneries pour véhiculer un message : on aime la femme, avec tout le respect et l’irrespect qui va avec.

Quelque chose que vous avez envie de dire en plus aux lecteurs de MADDY ?
Jesx2 -
J’ai un grand respect pour tous les membres du label CDXX. Je vous respecte énormément, je vous envoie que de l’amour, vous êtes mes frangins. Et c’est comme cela que l’on arrivera à créer quelque chose de meilleur.

Barbugang - Source : facebook.com/Barbugang

Barbugang - Source : facebook.com/Barbugang

Barbugang - Sapapaya

Mais Arthur, Grin et Werner nous direz-vous ?
Ils sont peu parlé. Ce sont les « chevilles ouvrières » du label. Sans eux, rien n’existerait.
ArthurArthur s’occupe du management, de la relation client, des photos. Il est de plus gérant de la SARL.
GrinGrin a la responsabilité de la production musicale, la direction artistique. Il est aussi ingé son et réalisateur vidéo.
Werner, enfin, est le community manager du label.

Peu de mots donc, mais beaucoup d’actions et de travail.


Soudain, nous nous rendons compte qu’il est très tard…. ou plutôt tôt… Nous avons passé une super soirée entourées de tous ces garçons passionnés et passionnants.
Nous espérons les revoir bientôt mais aussi vous donner très vite de leurs nouvelles, leurs créations et leurs prestations.

Si, au détour d’un chemin, vous apercevez qu’ils donnent un concert, n’hésitez pas, foncez les écouter.

 

Photos : Alex Peuch | facebook

Interview : So Peuch | facebook

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